dimanche 5 juin 2011

Maître Guy PELLETIER

Maître Guy PELLETIER
Neuvième dan
1921 - 2011

Pionnier du Judo Français, il était la septième ceinture noire de France.

Il débute en 1940 à dix-neuf ans au Jujitsu-Club de France avec Moshe Feldenkrais (1er dan obtenu de Kano Jigoro). Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate Monsieur Feldenkrais quitte la France. Monsieur Guy Pelletier continue le judo avec Kawaishi Mikinosuke qui lui décerne la ceinture noire 1er dan et l’autorisation d’enseigner en 1945. Là, commence tout une évolution dans l’étude et la connaissance du judo. Après avoir suivi pendant plusieurs années Kawaishi Mikinosuke qui était 4ième dan du Kodokan, mais qui n’enseignait pas la méthode de Kano Jigoro, il rencontre Abe Ichiro qui est 6ième dan, envoyé officiel du Kodokan.

Avec Abe Ichiro, il découvre un judo différent, le judo de Kano Jigoro (créateur du judo). Monsieur Abe demande aux enseignants qui suivent ses cours d’oublier ce qu’ils ont appris, pour s’imprégner de la méthode Kodokan, puis leur donne l’autorisation de divulguer cette méthode. Monsieur Pelletier sera toujours à l’étude de cette méthode et chercher a toujours à se perfectionner. Étant arrivé à un grand niveau de connaissance, il n’arrêtera jamais son travail de recherche. Il y a encore quelques années, nous nous entraînions ensemble avant son cours de professeurs du mardi matin — il avait quatre-vingts ans passés.

(…)

Dans la méthode du Kodokan, l’enseignement est scientifique, les mouvements ont été mis au point après des dizaines d’années de recherche, par une équipe de professeurs compétents, pour l’efficacité maximum, tout en donnant la forme de corps. La classification repose sur le gokyo qui tient compte d’une progression. Seuls sont enseignés, les mouvements les plus efficaces et les plus éducatifs. La technique du judo Kodokan est précise et l’enseignement comprend des éducatifs. À cette époque au Kodokan, on répugne de plus en plus à étudier les moyens de défense pour que la pratique reste agréable, ce qui donne un intérêt aux personnes de petites tailles (il n’y a pas de catégories de poids).

Le judo que Monsieur Guy Pelletier développait, la méthode du Kodokan avec forme de corps, faisait que ses élèves, lors des combats, étaient surnommés « les danseuses ». Il considérait qu’après le 4iéme dan le judo ne devait pas avoir seulement comme base le sport.

Monsieur Guy Pelletier a pratiqué la compétition et a été membre de l’équipe de France en 1947 (il était léger et les compétitions étaient sans catégorie de poids ; les catégories ne datent que de 1957).

Puis en tant qu’enseignant il a « formé » :
- 1 600 ceintures noires, du 1er au 9ième dan, plus tous ceux qui venaient le voir à certaines périodes.
- des combattants de valeur : Gruel, Mallet, Poncet, Rossin, Brondani, Hocde, Villiers, Chevalier, Nalis, pour ne citer qu’eux, la liste est très longue.
- des enseignants marqués par la touche du maestro, il enseignait avec rigueur, un judo technique de qualité, cela dans toute la France mais aussi à l’étranger. La référence de ses kata était la référence du Kodokan (j’ai pu le vérifier lors de mes voyages au Japon). Il restera un professeur référent pour tous ceux qui l’ont connu.

Dans l’arbitrage, après avoir été arbitre mondial (en 1961 il arbitre la finale du championnat du monde, lorsque Geesink devient champion en battant pour la première fois les Japonais), il devient instructeur mondial d’arbitrage. Arbitre mondial, il a oeuvré toute sa vie pour défendre une certaine idée du judo. Monsieur Barcos, un des responsables de l’arbitrage du judo mondial, considérait Monsieur Guy Pelletier comme son professeur.



Ce qui caractérise le plus Monsieur Guy Pelletier est son combat pour développer le judo du Kodokan et ses principes. Malgré sa popularité, il restait toujours humble. (…) Il ne cherchait pas à se mettre en valeur et n’aimait pas les honneurs. Il portait haut les valeurs du judo et a marqué des générations de judoka.

Il était intransigeant, car il avait la connaissance du judo Kodokan. Le problème est que tout le monde n’a pas été en contact ou n’a pas été conscient de ce judo et ces personnes réagissaient « avec leur connaissance ». Dans cet état de chose, développer les valeurs du judo de Kano, a fait qu’il a été souvent mal compris par ceux qui pensaient le judo à leur manière (en pensant seulement aux résultats en compétition), certains l’on suivit sans problème et d’autres qui recherchaient plus un intérêt personnel se sont éloignés. Lui ne s’est jamais éloigné du judo de Kano.

Du fait qu’en France, la Fédération impose sa méthode de judo « à la française », on fait les kata français et non ceux de la méthode Kodokan, Monsieur Pelletier avait plus de responsabilité au niveau mondial ou européen qu’à la Fédération française de judo. Il s’est battu longtemps pour que la France adhère au judo de Kano. En finalité sur les conseils de son professeur, il continuait à développer le judo Kodokan à ceux qui voulaient l’étudier sans chercher à se battre contre des moulins pour l’imposer aux autres. »

 André ANDERMATT




Une vidéo amateur mais sympa

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Une affiche de Didjaman

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